Réception de départ du Consul général

Allocution de M. Jean-Luc Delvert le samedi 23 juin 2018 (extraits)

Monsieur le Vice-Président de l’Assemblée Nationale,
Monsieur l’Ambassadeur,
Madame,
Monsieur le Conseiller spécial du Président de la République,
Monsieur le Grand Chancelier des Ordres Nationaux,
Monsieur le Préfet de Pointe-Noire,
Monsieur le Préfet du Kouilou,
Monsieur le Député-Maire de Pointe-Noire,
Monsieur le Maire de Dolisie,
Madame la Première Présidente de la Cour d’Appel,
Monsieur le Procureur Général,
Monsieur le Premier Président de la Cour d’Appel,
Monsieur le Commandant de la Zone militaire de Défense n°1, Mon Général,
Messieurs les Consuls honoraires, Chers Collègues,
Monsieur le Secrétaire Général de la Préfecture de Pointe-Noire,
Messieurs les Officiers de la Force publique,
Mesdames et Messieurs les Directeurs départementaux,
Mes Très Chers Compatriotes,
Mesdames, Messieurs,
Chers Amis,

Lorsque nous avons préparé cette soirée, nous avions voulu qu’elle puisse réunir ceux qui depuis quatre ans sont devenus des amis. Nous n’imaginions pas être honorés de la sorte par une distinction, qui nous est attribuée par le Président de la République, S. Exc. M. Denis Sassou Nguesso. C’est un immense honneur qui nous est fait ce soir, et croyez bien, Chers Amis, que nous en mesurons pleinement la valeur et la portée. Je veux aussi vous dire, Monsieur le Grand Chancelier, combien nous sommes sensibles à l’attention que vous nous faites en effectuant ce déplacement à Pointe-Noire.

Cette remise des insignes d’Officier de l’Ordre du Mérite congolais est d’autant plus importante pour moi, que je les reçois, ici, dans cette ville à laquelle je suis si attaché, devant les Autorités ponténégrines et mes compatriotes, entouré d’une partie de ma famille et de mes amis. Je vous remercie d’avoir fait en sorte que ceci soit possible.

Je me sens, vous le savez parce que je le dis souvent, Ponténégrin de cœur. Ce soir ce sentiment n’en est que renforcé et je sais qu’il durera au-delà de notre départ, puisqu’au fond cet honneur qui nous est fait nous oblige.
Etre Français au Congo, c’est vivre dans la familiarité attachante et chaleureuse que seuls les vrais amis peuvent offrir.

Avec ma famille, nous avons été accueillis d’une manière exceptionnelle, et les attentions des premiers jours se sont renforcées, chaque année davantage, tout au long de notre séjour.

‘’Nous sommes ensemble’’. C’est souvent ainsi que se concluaient mes premiers entretiens officiels. J’ai mesuré depuis que ce n’était pas là une formule convenue. Nous sommes ensemble en effet.

Nos deux pays, la France et le Congo, entretiennent des liens affectifs d’une nature particulière. Notre histoire commune les a tissés, dans les épreuves qu’ils ont traversées l’un et l’autre, comme dans les moments les plus heureux. Mais je veux surtout parler de Pointe-Noire. Nous savons ici, dans le cœur économique du pays, le rôle qu’ont joué ces Français enracinés au Congo, plusieurs sont parmi nous ce soir, lorsqu’il a fallu reconstruire et accompagner le développement du pays. Ils ont pris des risques. Ils l’ont fait parce que leur attachement au Congo est sincère et profond, parce qu’ils ont confiance dans son potentiel et son dynamisme. Ici à Pointe-Noire, nous savons aussi ce que font nos entrepreneurs, de nos grands groupes nos PME pour accompagner, susciter et soutenir tous les secteurs nécessaires au développement du Congo, dans le domaine de la santé, dans le domaine social, environnemental, dans le secteur culturel. Jamais nos entreprises ne sont indifférentes. Elles connaissent mieux que quiconque les défis, les enjeux, mais aussi les femmes et les hommes, de toute condition, qui font la Nation congolaise. A l’heure de la mondialisation, alors que dans un mouvement naturel les échanges se globalisent comme on dit en mauvais français, il faut aussi savoir se souvenir et reconnaitre les vrais amis, ceux qui ont sincèrement à cœur les progrès et l’avenir du pays. Pour notre part, nous devrons aussi rénover nos relations d’affaires pour mieux et davantage s’appuyer et accompagner l’entreprenariat congolais. Au XXIème Siècle, on ne peut plus penser en termes d’internalisation et de culture de l’entre-soi, au risque de manquer le train de la réussite. C’est tout le sens du partenariat que nous avons engagé, ici avec Didier Mavouenzela et la CCIAM de Pointe-Noire. C’est tout le sens de la réflexion et de l’action que vous menez, Monsieur l’Ambassadeur.
Je suis fier d’avoir représenté, ici à Pointe-Noire, une communauté si riche, si diverse et si impliquée.

J’ai exercé la mission qui m’a été confiée avec passion. Pointe-Noire et sa circonscription consulaire, méritaient qu’on s’y dévoue. Je l’ai fait avec le souci permanent de dépasser les barrières fonctionnelles, sectorielles, mais aussi certaines frontières mentales qui lorsqu’elles s’installent, freinent tout progrès.
Etre diplomate, c’est avoir la chance inouïe de se trouver à l’intersection de tous les domaines et des parcours individuels. Et c’est donc, être en capacité de mettre en relation des femmes et des hommes qui peuvent s’apporter mutuellement, d’agir pour favoriser la diversité et les échanges.

C’est ce que j’ai voulu faire ici, en imprimant toujours un mouvement, en allant à la rencontre des entreprises mais aussi des habitants de Pointe-Noire, partout où ils demeurent et quel que soit leur âge, en discutant avec celles et ceux qui font vivre ici le tissu associatif, en relayant souvent aux Autorités, les besoins et même les griefs de ceux que j’avais écoutés, qu’ils soient entrepreneurs ou responsables d’organisations de la société civile. Je crois avoir arpenté la ville en tous sens. Et je dois dire que ce sont ces moments qui m’ont le plus marqué.
Je ne peux pas concevoir ce métier autrement que sur le terrain, parce que je crois que c’est l’expérience qui nourrit la réflexion, et j’espère avoir participé, Monsieur l’Ambassadeur, à celle que vous conduisez à l’ambassade, avec l’ensemble de vos collaborateurs, dont je suis.

Tout au long de ces quatre années, nous avons, ensemble Monsieur l’Ambassadeur, agi très souvent pour les entreprises. A cette occasion, Je veux dire ce soir mon amitié toute particulière à mes Pierre au carré, Pierre Jessua et Pierre Bellerose qui eux aussi quittent Pointe-Noire. Nous avons toujours été solidaires et unis.
Nous avons aussi mis en relation des organisations de la société civile avec le secteur privé – nous l’avons fait avec le Samu Social, qui t’est si cher Mon Très Cher Roland Bouiti-Viaudo, puisque tu l’as créé, ASI, ou encore l’ASLAV - ; participé au débat d’idées, en accueillant, souvent à la résidence, des intervenants de très haut niveau – je pense à toi Mon Très Cher Juste Mondele, dont l’amitié fidèle me touche profondément. Elle m’a toujours accompagnée. Je te suis reconnaissant d’avoir trouvé le temps d’être avec nous ce soir. Je pense aussi à toi Mon très Cher Serge Bouiti-Viaudo.

Nous avons aussi cherché à promouvoir les artistes et le patrimoine culturel - je pense à ce que nous avons fait avec notre très Chère et très grande Aimée Gnali, et Fabienne Bidou, autour de la mémoire de Tchikaya U’Tamsi, mais aussi à toi Pierre Claver Mabiala. C’était chaque année un beau moment d’accueillir plusieurs centaines de spectateurs, 400 personnes ici-même à la résidence, venues de tous les quartiers de la ville pour le festival N’Sangu Ndji Ndji.

Ce travail, nous l’avons le plus souvent accompli avec le soutien de la Mairie de Pointe-Noire. Ce soutien se manifeste encore aujourd’hui, et je vous en remercie Monsieur le Député-Maire. Mais je sais que vous ne m’en voudrez pas de dire à Roland Bouiti-Viaudo, avec lequel j’ai si longtemps travaillé, et à son épouse Ida, ma profonde reconnaissance et ma très grande affection (…).

Avec vous Mon Général, Mon Très Cher Grand Ami, nous avons accueilli plus d’une douzaine d’escales de bâtiments de la Marine nationale française, et même relevé le défi de l’organisation de cette conférence du groupe du G7 des Amis du Golfe de Guinée en 2015, composée de plus d’une trentaine de délégations. La qualité de l’accueil que vous leur avez réservé est exceptionnelle. La fraternité d’armes qui unit nos deux pays a toujours été célébrée avec grandeur et aussi avec chaleur. Mon Général, vous répétez souvent que les relations personnelles sont déterminantes. Vous avez bien voulu m’accorder je crois votre confiance et je le crois aussi, votre amitié, et l’amitié permet la franchise. J’en suis fier. Ce sont des biens précieux qui m’accompagnent.

Avec toi Cher Paul-Adam Dibouilou, nous nous connaissons depuis les premiers jours de mon arrivée. Tu étais encore Maire de Dolisie. Je t’ai retrouvé avec un immense plaisir lorsque tu as été nommé Préfet du Kouilou, ce Département dont le potentiel est immense et pour lequel tu t’investis sans compter et beaucoup reste à faire encore. Merci à toi de ta fidélité.

Monsieur le Préfet Paka, je veux vous témoigner ma reconnaissance pour l’aide que vous m’avez apporté chaque jour. Chacun le sait ici, vous êtes un homme de conviction qui incarne la continuité de l’Etat dans cette ville-département stratégique pour le pays. Nos relations ont toujours été confiantes et votre écoute a toujours été attentive.

Mes Chers Compatriotes,

Je veux aussi vous remercier. Remercier d’abord vos représentants, nos trois conseillers consulaires, Colette Bourde, Christian Barros et Brice Massema avec lesquels nous avons travaillé et échangé, toujours en bonne intelligence. Je veux saluer le sens qu’ils ont de leurs missions. Il n’y a jamais eu aucun clivage entre eux, l’intérêt des Français primant toujours sur toute autre considération. Je veux aussi remercier ceux qui parmi vous se mobilisent pour nos compatriotes fragilisés par la vie. J’ai toujours pu compter sur l’AFEB, sur vous Laurent Manicas et sur vous Robert Herbeaux. Je veux dire aussi que le travail que nous avons mené pour la sécurité de la communauté française et européenne, a été renforcé par l’implication de celles et ceux qui ont accepté de s’engager dans le réseau que nous avons constitué dès 2014. Il a été nécessaire et utile. Il s’est appuyé aussi, chaque jour, sur vous, Messieurs les Officiers de la Force publique. Soyez en remerciés.
Ce travail ne s’accomplit jamais seul.

Vous avez à Pointe-Noire, Monsieur l’Ambassadeur, une équipe soudée et solidaire, qui a en partage cet esprit d’ouverture et de promotion de la diversité que vous attendez d’elle. Les services français à Pointe-Noire forment un tout. Coordonner cette équipe, la défendre, la valoriser a été un bonheur quotidien. Fabienne Bidou et Didier Tribout le savent, ils ont toute mon affection et ma reconnaissance. Je suis très fier aussi de ce qu’ils ont fait de l’IFC Pointe-Noire et du Lycée Charlemagne. Ce sont, l’un et l’autre, des grands serviteurs de l’Education nationale et de la Culture. Un grand merci à tous les deux de votre soutien et de votre amitié. Didier, avec son équipe, avec Noura Boussiadi, avec Fabrice Palhies, avec les parents d’élèves, avec les enseignants, a mené à bien les travaux du Lycée. Tous l’ont valorisé et en ont fait une institution de cette ville. Didier, tu nous quittes avec des honneurs mais surtout en léguant un bel héritage. Fabienne, tu as su faire vivre une scène culturelle pleine d’énergie et de volonté. Tu accompagnes les artistes sur le temps long, avec talent, bienveillance, intelligence et humanité. Mais tu as su aussi, et tu sais combien c’est important pour moi, projeter l’IFC dans toute la ville. Avant-hier encore, ce sont plus de 1000 personnes qui se sont réunies à Mpaka pour la Fête de la Musique. Je sais que tu continueras ce travail jusqu’au bout.

Mon équipe du consulat général m’a toujours soutenu. Elle s’est investie au service des Français, souvent dans des conditions difficiles. Chacun d’entre eux, Monsieur l’Ambassadeur, est polyvalent, va volontairement à l’aide de son collègue. Halima et Chrystèle qui nous quittent cette année, Françoise et Catherine qui sont souffrantes, en France, Stéphane, Marie-Laurence, Noelie, Thierry, Sandrine, un grand merci ! Merci aussi à Désiré, Brejnev, Adolphe, Ambroise et Jean-Pierre. A Georges, qui a contribué à me faire connaitre ce pays. A Sylvain, qui chaque jour fait bien davantage que son rôle de chef de détachement de sécurité. A Astrid enfin, qui nous quitte elle-aussi, mille mercis de m’avoir soutenu, aidé, sans compter ses heures, avec talent, tact et doigté. Un mot enfin pour notre cuisinier, Antoine, qui a connu plusieurs générations de consuls généraux, et qui est désormais un peu de la famille, évidemment. J’ai bien sur une pensée pour Romuald Rouchon, qui m’a fidèlement et loyalement secondé pendant trois années et pour Soumya Zelmat, à qui je souhaite une réussite à la hauteur de ses ambitions.

Monsieur l’Ambassadeur,
Nous nous sommes rencontrés il y a bientôt vingt ans, de l’autre côté, non pas du fleuve, mais du continent (…). Vous retrouver ici au Congo, a satisfait mon envie de travailler sous votre autorité. J’ai été comblé. Cela été un grand bonheur également, de vous avoir, avec votre épouse à vos côtés - une grande artiste, une voix de ce continent et une amie chaleureuse et attentive. Vous nous avez témoigné une proximité de tous les instants (…). Votre amitié à tous les deux est un honneur pour nous. Avec nos amis, dont beaucoup sont réunis ici ce soir, je crois que nous vous avons fait aimer Pointe-Noire. Vous êtes très souvent parmi nous, soutenant et accompagnant nos actions. Avec vous, avec votre écoute, avec votre implication, notre travail a trouvé un sens, celui des objectifs que vous nous avez fixés, et une efficacité démultipliée. Je vous en remercie et vous assure, vous le savez, de ma fidélité. Permettez-moi aussi d’avoir une pensée affectueuse pour Jean-Pierre Vidon.
Nous étions ici en famille. Nos deux filles cadettes ont grandi à Pointe-Noire. Elles sont, à tous égards, Ponténégrines, et pour elles ce départ en est d’autant plus difficile. Elles laissent ici des souvenirs et elles mesurent déjà la chance qu’elles ont eue de vivre sur ce continent, au Congo, à Pointe-Noire. Car c’est une chance. Quant à moi, ma chance, c’est avoir Lucie, mon épouse, à mes côtés (…). Le travail qu’elle a fait ici, en plus du sien, est considérable. Et elle le fit le plus souvent seule. (…) Nous formons une belle équipe.

Et puisque ces derniers mots sont pour notre famille, je veux dire à Céline et à Henri ma très profonde reconnaissance pour tout ce qu’ils ont fait pour cette résidence, pour le consulat général et surtout pour nous. Ils savent ce qu’ils représentent pour nous. (…)

Ces moments où l’on se dit au-revoir sont toujours redoutables, et lorsqu’on s’y prépare, on espère ne pas être submergé par l’émotion. J’espère que je ne l’ai pas été.

Heureusement, je ne vous avais pas promis d’être bref. Je ne l’ai pas été. Mais il y a tant à dire et tant de remerciements à exprimer (…).

J’ai donc encore un peu de temps à passer parmi vous avant que mon successeur n’arrive.

Je l’envie un peu. Il aura de la chance de vous avoir.

Je sais l’accueil que vous lui réserverez. Je sais le temps que vous lui accorderez.
Et je sais que vous lui direz Nous sommes ensemble.

A mon tour de le dire, plus que jamais, Nous sommes ensemble. Nous l’avons été. Et je sais dorénavant que nous le resterons.

Merci ! Matondo !

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Dernière modification : 20/07/2018

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