Les femmes actrices du changement par l’entreprise

A l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le Consulat général de France et l’IFC Pointe-Noire ont organisé le 8 mars 2018 une table-ronde ayant pour thème : Les femmes actrices du changement par l’entreprise. Retour sur un débat riche et animé.

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Quatre femmes ont accepté de témoigner et de débattre à l’IFC Pointe-Noire, le 8 mars 2018, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes.

Amal-Amélia Lakrafi, députée française, en déplacement au Congo, a construit sa carrière dans le secteur privé en tant que chef d’entreprise, avant de lancer en politique en 2017.

Kriss Brochec a fondé une agence de communication, Web Congo Agency et l’Association Mpaka pour l’Intégration et le Développement (AMID), digital activiste, elle milite pour les droit des femmes et l’accès au numérique

Bridget Ugwe, journaliste franco-nigériane, a rejoint la rédaction d’Africanews à Pointe-Noire après avoir travaillé en France à I-télé et LCI, en créant le site d’informations Nigeria’s Insight, elle a notamment voulu à s’adresser aux diasporas africaines désireuses de s’investir sur le continent

Patricia Ekey-Misse, camerounaise, est une expatriée africaine, directrice de la communication du groupe Bolloré au Congo-Brazzaville et en RDC.

Liberté et force de caractère

A travers leurs histoires personnelles, les quatre panélistes ont témoigné d’une liberté et d’une force de caractère souvent hors du commun, qualités qui leur ont permis de surmonter freins culturels et autocensure circonscrivant les femmes dans un rôle préconçu relevant du préjugé social où l’ambition n’a pas sa place. C’est par leur volonté et leur persévérance, parfois en dépassant les réticences familiales, qu’elles sont parvenues à atteindre les objectifs qu’elles s’étaient fixées, puis à franchir le "plafond de verre" dont elles perçoivent toutes l’existence, dans une société largement dominée par les hommes.

un combat au quotidien

Pour elles, la lutte contre les préjugés et les attitudes sexistes relèvent d’une bataille au quotidien. Elles dénoncent les registres de séduction sur lesquels elles sont trop souvent amenées par la communauté masculine – leurs collègues, leurs clients, leurs relations professionnelles - et revendiquent le droit à s’engager sur un terrain neutre et strictement professionnel. Cet état de fait contraignait plusieurs d’entre elles à "calibrer" leur manière d’être, leur manière de s’habiller, dans un milieu professionnel "machiste" et paternaliste.

S’imposer est un défi. Elles estiment que les femmes doivent non seulement faire, mais faire mieux et plus parfaitement encore que les hommes, ce qui entraine un surinvestissement personnel et conditionne un mode de management souvent perçu comme abrupt et dirigiste.

Promouvoir les réseaux de femmes

Pour agir en faveur d’une autonomisation des femmes à travers l’entreprenariat en Afrique, la constitution de réseaux féminins constitue comme un levier puissant. Le réseau relève encore d’une logique fortement masculine. Il doit s’étendre aux femmes, qui pourraient ainsi y trouver des appuis solidaires pour rompre un isolement les fragilisant.

Et l’éducation, un enjeu primordial

Elles appellent enfin à des initiatives en faveur de l’éducation des jeunes filles. L’éducation est le levier de l’engagement des femmes au sein de la société civile et de leur capacité à mettre en place des projets, facteurs qui constituent autant de conditions pour favoriser des représentations nouvelles, plus égalitaires. Ouvrir le champ des possibles par l’exemplarité, le plaidoyer, comme par l’accompagnement scolaire et professionnel, sont quelques-unes des pistes qu’elles estiment prioritaires.

Un débat riche et animé

Le ressenti de ces témoignages a trouvé un écho immédiat dans les nombreuses interventions de la salle. Le débat a duré plus de deux heures, dans un climat de liberté et d’authenticité de la parole. Des controverses animées, notamment avec le public masculin, ont eu lieu, témoignant d’une difficulté très prégnante à remettre en perspective des faits, et de la prévalence de préjugés, solidement ancrés sur le plan culturel, en dépit d’avancées sur le registre du droit. Ces controverses étaient nécessaires et peut-être même salutaires pour nourrir la réflexion des quelques hommes dont la présence à cette table-ronde illustrait, à tout le moins, une certaine curiosité pour le sujet.

Dernière modification : 13/03/2018

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